Le duo 71bis renverse les codes de la nuit

Elise et Perrine

Tout commence…

… lors de la rencontre d’ Elise et Perrine chez Kenzo où elles travaillaient ensemble, à Paris. Après leur grossesse, elles décident de quitter leur poste de salariées réalisant qu’il leur serait impossible de conjuguer leur poste et leur vie de famille. C’est avec de la créativité et un brin de folie qu’elles se décident alors à créer 71bis, la marque de vêtements qui bouscule les codes de la nuit.

 

Comment passe t-on du statut de salariée au « mumprenariat » ?

Elise : Avec Perrine, on travaillait dans la même équipe de visuel marchandising. C’est un métier qui demande énormément d’investissement personnel et beaucoup de temps. Nous sommes toutes les deux tombées enceintes et se rendant compte que notre métier n’était pas compatible avec notre grossesse, il nous était difficile de conjuguer cette vie professionnelle avec une vie de famille.

Perrine : Elise l’a très bien expliqué ! Il y a aussi le fait que nous avons toujours eu pleins d’idées toutes les deux.  Comme on travaillait la nuit, nous refaisions le monde. On avait pleins d’idées de boite. J’ai quitté Kenzo pour aller vivre au Pays Bas sans se perdre de vue. Et un jour on s’est dit « Là, il faut qu’on y aille, il faut qu’on le fasse ». Il faut peut-être un peu de folie parce que la vie de salariée, c’est le confort. Mais là on a un autre confort, celui de la liberté de notre emploi du temps,  ce qui est assez chouette.

 

La raison principale de ce changement ?

: L’envie de créer.

E : je pense la même chose, la création.

P : Mais de toute façon, peut-être qu’on en montera d’autres, des boites ensembles. Mais on avait un concept, donc on avait envie de tester notre idée de vêtements sur la niche que nous avons choisi, qui est à la base l’univers de la nuit (homewear, jouer le Jour/Nuit)

 

Avez-vous rencontré de grosses difficultés lors de cette transition ?

E : Pas du tout… Ou je n’en ai pas eu l’impression ! Je trouve que ça s’est fait très en douceur. Après, on a mis du temps à créer 71bis. On y est allées pierre par pierre, sans aller trop vite, on a vraiment voulu sortir de terre de belles choses. Le principal obstacle pour moi aura été le temps mais je pense que c’était essentiel pour faire un bon travail.

P : Effectivement on n’a pas été très rapides mais très prudentes et je ne regrette pas qu’on ait pris notre temps. L’éloignement géographique aussi était un obstacle. C’est sûr qu’on va un peu moins vite que des entrepreneures qui seraient toutes les deux dans le même bureau. Nous en rêvons, mais la vie fait que ce n’est pas comme ça et c’est aussi notre force et on arrive bien à avancer malgré la distance.

 

71bis vêtements

 

Votre marque en quelques mots

P : Avant tout, 71bis est une aventure humaine. C’est une marque de vêtements pour femmes qui bouscule les codes de la nuit puisqu’on est sur l’idée d’un pyjama tellement élégant qu’on peut le porter aussi bien au fond de son lit que dans la rue.

 

Pourquoi « 71bis » ?

E : 71bis, c’est un lieu commun. C’est un lieu qu’on a eu la chance de connaître toutes les deux et qui nous tient à cœur. C’est vraiment notre point commun aujourd’hui, un lieu caché dans Paris.

P : 71bis, c’est un numéro de maison ou d’appartement et vu que nous créons des vêtements d’intérieur ça a un côté un peu intime, cela fait sens avec notre univers de  la nuit. Bis c’est également très français et ça fait référence au fait que nous sommes deux.  On s’amuse à dire que si les gens trouvent la rue, ils gagnent une paire de manchettes

 

Des astuces pour les ambitieuses qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat ?

E : Ne pas se décourager surtout, parce qu’effectivement comme on le disait tout à l’heure, il faut vraiment investir du temps au départ pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs, savoir se poser les bonnes questions… Ne pas aller trop vite ! On peut tous avoir des idées qui sont chouettes mais la différence est nichée dans le souci du détail.

P : Je suis d’accord. Je pense qu’au lancement il ne faut pas se décourager. Et il faut oser demander de l’aide parce qu’il nous manque telle ou telle compétence, oser demander l’avis des gens qui nous entourent, ne pas avoir peur que quelqu’un rebondisse sur nos idées.

 

Des blogueuses, entrepreneures, influenceuses, femmes qui vous inspirent ?

P : On a eu de superbes rencontres humaines avec des journalistes comme Carole Tolila, Valérie Tribes, …

E : … Peggy Frey ,Céleste Barber : elles ont des univers si drôles et qui, quelque part, peuvent inspirer. On n’a pas envie de tomber dans le côté surfait des réseaux sociaux et quand on découvre des femmes comme elles, qui vont à contre pieds et qui s’en amusent, c’est rafraichissant. Ça peut être inspirant.

P : C’est surtout l’humour de ces femmes qui nous inspirent, qu’elles soient connues ou non. Constance au pays de Bambi aussi me fait rire. Ce n’est jamais méchant, c’est toujours de l’humour qui fait du bien. Donc voilà, ça nous inspire parce que depuis le début on fait des vidéos un peu rigolotes en mettant en scène nos vêtements et en nous mettant en scène car le ridicule ne tue pas !

E : Ça reflète aussi la vraie vie et c’est important de parler aux « vrais gens de la vraie vie ». On a tous connu des situations un peu rigolotes, un peu cocasses. La femme 71bis est elle aussi maladroite. C’est important de pouvoir en rire, d’autant plus qu’avec de l’humour, ça parait plus vrai.

 

 

Comment liez-vous vie d’entrepreneure et celle de maman ?

P : Elise et moi sommes assez « carré » dans notre organisation. Nous avons décidé de nous lancer en tant qu’entrepreneures pour avoir une vie de famille, même si finalement nous travaillons quand même beaucoup. Le mercredi, c’est notre jour de maman : on va récupérer nos enfants, on ne les laisse pas au centre aéré toute la journée. Mais le reste de la semaine, on reste rigoureuses sur notre organisation : lundi, mardi, jeudi et vendredi on fait des vraies journées 9h/18h30.

E : Le mercredi effectivement c’est « kids day » et le reste du temps, on travaille. Mais c’est ce qui est bien lorsqu’on est son propre patron : ne pas avoir à se justifier auprès de la hiérarchie. C’est une liberté. On est là pour nos enfants, on les voit grandir et en même temps ils s’épanouissent aussi. C’est important d’avoir un équilibre.

P : On travaille de la maison toutes les deux, donc on est un peu des dragons. Quand on travaille, on travaille vraiment. Quand les enfants sont en bas en train de faire leurs devoirs, elles savent qu’elles n’ont pas le droit de venir tant que je ne suis pas ressortie à 18h30. On ne va pas prendre un café avec des copines ou lancer des machines : on se met au boulot et on y va.

E : On a besoin de cette rigueur, ça nous permet de nous concentrer parce que lorsqu’on est chez soi on est tentées par beaucoup de choses, même des choses qui ne font pas rêver. Mais effectivement quand on voit son énorme panier de linge sale, il faut se faire violence en se disant « tant pis je le ferai ce soir ».

 

Quels sont vos meilleurs conseils ?

P : La rigueur, l’organisation mais la souplesse aussi. Il faut savoir se dire « ce n’est pas grave ». Je pense que c’est une chance pour nos enfants qu’on ne soit pas loin, mais pour nous, c’est à la fois une chance et une contrainte. C’est-à-dire que parfois notre journée de travail reprend le soir.

E : Oui, ça ne s’arrête jamais. Après on se le dit souvent aussi, il n’y a pas mort d’homme. On ne sauve pas des vies, on ne sauve pas des gens. Donc si un jour on ne peut pas s’y remettre mais qu’il aurait fallu, ce n’est pas grave.  Il faut savoir se dire que tout ne tourne pas autour de ça. Il faut un bon dosage entre rigueur et souplesse.

 

Une activité favorite pour passer du temps avec vos enfants ?

E : Ma fille adore faire de la peinture avec moi et puisque j’aime bien dessiner, j’admets que je me régale lors de l’atelier peinture ! Mais j’adore aussi les ateliers de cuisine, pour créer quelque chose de délicieux à goûter, cuisiner ensemble ! Il y a toujours l’idée de partage et surtout, de créativité !

P : La cuisine aussi ! Souvent le mercredi, c’est gâteau avec une des deux, voir les trois, c’est sympa. On a aussi le rituel du soir : lire une histoire. Elles ont chacune un petit rituel différent pour le coucher donc je prends le temps avec chacune d’entre elles de rallonger un peu le rituel pour partager un petit moment de qualité.

E : C’est vrai que l’histoire du soir c’est un peu l’incontournable, le petit moment du soir où on se raconte nos journées. On a eu la chance de rencontrer Hélène Bonhomme, une conférencière qui prône la bienveillance, savoir se faire du bien, savoir reconnaitre que nous sommes toutes fabuleuses. Avec Florence Servan-Schreiber qui a écrit le livre 3 kifs par jour, elles ont lancé une semaine de défis : 7 jours de kifs : à la fin de la journée, on retient trois moments de la journée qui nous ont fait du bien. On fait ça avec les enfants, avant l’histoire, pour savoir qu’est-ce qu’ils ont apprécié dans la journée. Ça permet de relativiser, même quand on a passé une journée nulle.

: Nous aussi on fait ces trois « kifs » !  On utilise le bâton de la parole à table et on parle aussi d’un point négatif de la journée, ça peut faire passer une info. Ça fait vraiment une super communication dans la famille. Le fait d’avoir le bâton de la parole, qui est souvent une cuillère de table ou une fourchette, permet d’avoir une écoute entre les enfants et ça, c’est magique.  J’y participe aussi et donc elles peuvent savoir ce que j’ai aimé dans ma journée et peut-être découvrir ce qu’on aime dans notre boulot, si je partage un kif de mon travail.

 

Un lieu sympa à partager pour passer du temps en famille ?

: On n’est pas spécialement d’accord mes enfants et moi là-dessus, parce qu’elles sont complètement cinglées de la piscine, ce qui n’est pas mon cas ! Mais on aime bien se promener, faire des pique-niques. On fait de grandes ballades en vélo, on part à la mer ensemble… Ce sont des moments où on ne pense à rien, dans lesquels on n’est pas obligé de parler mais c’est toujours des bonnes journées.

P : On fait aussi beaucoup de vélo, on va dans des parcs. On essaye de les emmener chacune à leur tour toutes seules au restaurant (j’ai trois filles et Elise en a deux). Elles sont petites mais on trouve que c’est vraiment des instants de qualité, on passe un bon moment. J’essaye aussi d’aller faire une balade avec seulement une d’entre elles, ou de faire un jeu en binôme. Elles adorent la piscine mais comme Elise, je n’en suis pas fan, donc elles y vont avec leur papa.

 

manchettes 71bis

 

Vos trucs pour booster l’ambiance à la maison quand rien ne va plus ?

E : Aller faire du vélo, aller faire un tour. Parfois il est impossible de parler à chaud. Il faut prendre l’air et le vélo leur demande d’être attentives, il faut déjà rouler droit, le paysage change, l’attention est détournée et la pression retombe.

P : Si je n’arrive pas à maitriser une de mes filles, je l’envoie faire du trampoline dehors, ça fonctionne hyper bien ! Ou alors je prends un livre spécifique, par exemple sur les colères, ou Alfred et Helmut, qui parle des séparations géographiques, quand le papa peut être loin pendant longtemps. Ce n’est pas toujours le cas, mais ça peut aider à faire sortir quelque chose qu’on a pas vu. Mais parfois c’est juste de la fatigue, donc on les envoie se coucher tôt.

 

Si vous pouviez laisser un message à vos enfants, qu’ils ne pourraient lire que dans 20 ans, quel serait-il ?

P : Je leur dirai que j’espère qu’elles aiment leur vie. Mon but c’est qu’elles soient bien dans leurs baskets.  Je leur dirai « mes cocottes, j’espère que vous kiffez la vie comme maman a essayé de vous l’apprendre ». Aimez la vie, aimez les gens.

E : Je suis assez d’accord, je lui dirai « Aime la vie, c’est trop bien ».

 

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