Recherche de sens avec Isabelle Diacono, créatrice des Jolies Planches

Après 20 ans à travailler dans le digital, Isabelle Diacono, maman de deux enfants, décide de se lancer dans l’entrepreneuriat. En quête de sens et désireuse d’être plus présente auprès de ses enfants, elle choisit de créer une maison d’édition pour renouer avec des valeurs fortes : transmission, durabilité et made in France.

 

 

Comment passe-t-on du statut de salarié au celui d’entrepreneur ? La raison principale de ce changement ?

J’ai travaillé pendant 20 ans dans les télécoms et le développement de services digitaux avec une très belle carrière en France et l’étranger, beaucoup de travail et de responsabilités donc je voyais peu mes enfants. Or j’avais envie de les voir plus, d’autant que ma petite dernière avait à peine 3 ans. Je voulais être plus présente et passer plus que 30 minutes le soir avec eux. De plus, arrivée à un certain niveau, on ne crée plus de valeur soi-même et on s’éloigne du terrain cela me manquait. J’avais envie de retrouver ce plaisir de créer.

L’envie de tenter l’aventure entrepreneuriale, modèle plus libre et flexible a fait le reste.

 

As-tu rencontré de grosses difficultés lors de cette transition ?

Indéniablement, la plus grosse difficulté est d’être seule.

En entreprise, j’ai toujours valorisé un mode de travail participatif : se challenger, s’enrichir de la pensée de l’autre et au final, l’idée d’origine ainsi transformée est bien plus intéressante et pertinente.

En étant seule, cette émulation a malheureusement disparu avec le risque que je passe à côté de choses qui pourraient rendre le projet meilleur.

Par ailleurs, c’est aussi la raison pour laquelle je prends autant de plaisir à travailler avec mes illustrateurs. Une réelle complicité se crée au profit d’une réelle collaboration comme c’est le cas avec Béryl Délouis, l’illustratrice complice de plusieurs planches plébiscitées par nos clients comme l’abécédaire ou le planisphère.

Un autre challenge parfois frustrant est celui de faire absolument tout, de l’emballage pour expédition à la négociation avec les acheteurs en passant par le développement de son propre site ecommerce.

Mais finalement, bien que ce soit challenging au démarrage, c’est très enrichissant. J’ai bien plus appris, y compris sur moi-même cette dernière année que les 3 dernières années en entreprise ! Et quelles rencontres !

 

Ta marque en quelques mots :

Les jolies planches c’est une maison d’édition intello et déco pour les tribus d’aujourd’hui : c’est LA synthèse qui résume bien ce que nous proposons.

« Intello » parce qu’il y a toujours quelque chose à apprendre ou à découvrir et « Déco » parce que le beau attire la curiosité et donne envie de mettre en évidence.

 « Les Tribus d’aujourd’hui », introduisent plusieurs notions: Il peut s’agir de groupes de copains, de familles et de fratries. L’observation d’une planche suscite l’échange et le partage, ça réveille des souvenirs, donne envie de raconter des anecdotes ou de pose des questions. Il y a une notion d’apprentissage et de partage en commun qui est une des clefs de voute du projet. Et quel plaisir de le vérifier chaque jours grâce aux témoignages de nos clients.

« Tribus d’aujourd’hui » c’est aussi parce que pour certaines, il s’agit de planches scolaires d’inspiration vintage revisité aux tendances actuelles de déco. Le contenu est aussi adapté, plus synthétique pour ne retenir que l’essentiel.

Il s’agit de planches durables entièrement Made in France. Elles sont fabriquées en toile de coton avec des encres en latex écologique qui ne s’affadissent pas à la lumière. Je voulais un produit de grande qualité, avec une certaine idée de transmission, et participer à ma petite échelle à l’économie française, c’est pourquoi j’ai choisi de travailler avec des artisans et des artistes français.

Tout ça contribue à donner du sens à mon travail : transmission, durabilité, made in France.

 

« J’avais envie de retrouver ce plaisir de créer. »

 

 

Comment est venue l’idée de la création de planches décoratives ?

J’avais très envie de me lancer dans l’entreprenariat, mais la question était de savoir sur quelle base !

J’avais plusieurs idées, que j’ai testées mais qui se sont avérées sans véritable avenir, jusqu’au jour où j’ai perçu qu’il y avait peut être une opportunité à exploiter.

Immergée depuis toujours dans le développement de services digitaux, j’ai réalisé qu’on arrivait au bout d’un cycle où à force de tout digitaliser, on finit par manquer de points de référence qui s’inscrivent dans la durée par opposition à la masse d’information reçue en permanence et la diversité de leurs sources qui fragmentent l’attention au détriment de la mémoire. Or, l’homme a toujours besoin de toucher, de voir et d’observer. En neurosciences, il est établit que le cerveau a besoin d’observer 5 à 6 fois un élément pour le retenir. De plus, il faut savoir en amont pour comprendre ensuite.

C’est en cherchant une frise d’histoire pour mon fils Jules de 10 ans que l’idée s’est concrétisée. Je voulais quelque chose de synthétique et d’esthétique à la fois, qu’il prendrait plaisir à regarder pour enregistrer les informations facilement et s’y référer souvent de manière ludique. Mais n’ayant rien trouvé de tel, je me suis lancé le défi de la créer moi-même. Amis et famille m’ont ensuite encouragé en passant commande, et c’est ainsi que l’aventure des jolies planches a commencé.

 

Des astuces pour les ambitieuses qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat ?

Je conseillerai de se lancer à deux car se lancer seule est quand même difficile.

L’entreprenariat, c’est beaucoup de montagnes russes au début. On peut passer des jours entiers à douter, jusqu’à parfois se dire qu’il vaut mieux tout arrêter, puis il suffit d’un client ravi de sa commande et on est de nouveau prêt à soulever des montagnes ! C’est un aspect très difficile à gérer lorsqu’on est seule.

J’ai la chance d’être vraiment soutenue par mon mari dans cette aventure dans le projet comme dans le soutien financier le temps que le CA décolle, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, mais je n’avais pas envie de le fatiguer avec cet ascenseur émotionnel permanent.Et puis comme je le disais plus tôt, à plusieurs, on est plus fort intellectuellement, et le projet ne peut qu’en être plus fort, surtout lorsqu’il y a une vraie complémentarité de compétences.  Ceci étant dit, avoir démarré seule m’a permis de créer et positionner les jolies planches à mon idée, sans avoir à faire de compromis…

Le deuxième conseil fondamental à mon sens, c’est de savoir se donner une échéance. Il faut impérativement, après avoir construit un business model réaliste basé sur des benchmarks solides et sur la réalité du marché, se fixer une deadline pour un bilan et savoir se donner à fond pour se donner toutes les chances de réussite pour ensuite établir un bilan objectif pour décider enfin si le modèle est viable et scallable. Faire un tel bilan n’est pas facile, il remet potentiellement en cause tellement de travail et d’implication personnelle ! Mais j’ai vu autour de moi beaucoup d’acharnements sur des modèles non pérennes par peur de se remettre en question que j’ai décidé dès le début de faire un vrai bilan au bout d’un an.  Si les résultats ne sont pas ceux espérés, il faut savoir se repositionner éventuellement sur un modèle plus prometteur mettant à profit tous les enseignements acquis pendant le premier exercice. Mais je pense qu’il ne faut pas s’acharner.

Enfin il faut bien s’entourer, pour le soutien moral, c’est indispensable, avec  beaucoup de bienveillance mais aussi de vérité.  Se re-créer un réseau autour de son projet est très important.

 

« […] donner du sens à mon travail : transmission, durabilité, made in France. »

 

Des blogueuses, entrepreneures, influenceuses, des femmes qui t’inspirent ?

Ce ne sont pas des blogueuses ou des influenceuses à proprement parlé, mais il y a de nombreuses femmes qui m’inspirent.

Morgane Sézalory, la fondatrice de Sézane. Elle m’impressionne, elle a tout bon dans tous les domaines, elle est bienveillante, elle a réussi son business, essaye maintenant d’y donner du sens et de repartager la valeur créée, elle valorise réellement son travail d’équipe, tout en ayant inventé un nouveau modèle de vente en embrassant le digital et les réseaux sociaux. Chapeau !

Nathalie Massenet est aussi une femme que j’admire énormément. Quand elle a créé Net à porter il y a une dizaine d’années, personne ne pensait que son concept allait fonctionner : vendre des vêtements et accessoires de luxe sans essayage sur Internet. Pourtant elle a persévéré contre vents et marées et aujourd’hui son entreprise, depuis revendue, est un vrai succès. C’est un véritable modèle de vision et de persévérance  pour moi qui suis facilement sujette au doute.

Au risque de faire un peu cliché, j’apprécie aussi Sheryl Sandberg et son approche de prôner un leadership plus humain.

Du côté d’Instagram, j’ai été assez bluffée par l’énergie des ambassadrices et le succès de Maison Margaret pourtant toute récente en ressuscitant un modèle de vente à domicile que tout le monde pensait complètement désuet.

Après, il y a des femmes dont j’admire la fantaisie de tous les jours, comme par exemple Soledad Bravi pour son humour et son regard sur la femme que je trouve très vraie, à la fois forte et pleine de contradictions.

 

 

Comment allies-tu vie d’entrepreneure et celle de maman ? Quel est ton meilleur conseil ?

Depuis que je suis mon propre patron, c’est à la fois plus facile car j’organise mon temps comme je veux : en cas de surcharge de devoirs, je peux m’arrêter de travailler à 17h et m’y remettre de 20h à minuit. De même, s’il y a une classe à accompagner, je peux plus facilement me libérer et travailler à un autre moment, je vais chez le coiffeur en pleine semaine avec mon ordi sur les genoux …

A l’inverse, j’ai dû remettre plusieurs fois la famille dans des rails, car étant à la maison, tout le monde a tendance à penser que je vais tout assurer à leur place. Il a fallu quelques ajustements pour faire comprendre que bien que je sois présente, je travaille ! Je ne suis pas la seule apparemment à vivre ces difficultés d’ajustement …

Devenir entrepreneur m’a permis de me recentrer sur les choses qui ont vraiment de l’importance et de dégager du temps pour les vivre : plus de réunionite, de reporting dans toutes les tailles de documents …   Je prends désormais le temps de déjeuner au moins une fois par semaine avec une copine.

Mon meilleur conseil est d’apprendre à ne pas se laisser déborder par son projet à en négliger son entourage, soi-même et inversement.

 

Une activité favorite pour passer du temps avec tes enfants ?

Dans la journée, il y a un moment que j’adore, lorsqu’ils me rejoignent dans la cuisine quand je prépare le repas. On discute, ils me racontent leur journée, on est ensemble tout simplement.

Sinon, j’aime quand on découvre des choses tous les 4, notamment lors d’expo ou de voyages. J’adore les voir découvrir et s’adapter : ce sont des moments supers.

On adore aussi faire la cuisine et des gâteaux ensemble, on essaye pleins de recettes.

 

Un lieu sympa à partager pour passer du temps en famille ?

A la plage ! Mais c’est rare malheureusement.

On aime bien leur faire découvrir des lieux culturels, des musées, des expos, dès qu’il y a des endroits accessibles pour les enfants on les y emmène.

Mais on est tout de même assez casaniers avec des semaines très chargées et on adore passer du temps à la maison le weekend ou il y a toujours un truc à faire.

Honnêtement, je ne fais pas partie des mères qui organisent tout un tas d’activités pour leurs enfants le weekend. Je trouve qu’il est important qu’ils aient leurs moments de jeux, d’imagination et même de rêveries à eux. Et puis avec les semaines bien chargées entre l’école et les activités sportives et artistiques, le weekend c’est propice au calme et à la relaxation.

 

Ton truc pour booster l’ambiance à la maison quand rien ne va plus ?

On décide de faire un gâteau ou un jeu de société ou de cartes ensemble : ça remet tout le monde dans le même sens. Des activités communes où l’attention se concentre uniquement sur le jeu ou la recette, non plus sur le nombril de l’autre.

Appeler les grands parents sur Facetime permet de leur faire penser à autre chose.

J’adorerais avoir le temps de passer du temps avec chacun d’entre eux, je pense que ça leur ferait beaucoup de bien mais malheureusement c’est compliqué de le faire actuellement. Je m’organise pour la rentrée afin de le faire plus facilement.

 

Pour finir, si tu devais laisser un message à tes enfants qu’ils pourront lire dans 20 ans, quel serait-il ?

Je leur dirai que je suis tellement fière de ce qu’ils sont et qu’ils ne le doivent qu’à eux-mêmes. Je leur dirai que j’espère qu’ils comprennent pourquoi j’ai été exigeante lorsqu’ils étaient petits et surtout que je les aime plus que tout.

 

Retrouvez Les Jolies Planches d’Isabelle ici

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